EPSO

La crise EPSO a commencé en 2022 lorsqu’un concours a été organisé entièrement en ligne et à distance sans aucune préparation au préalable, sans une réelle évaluation du nouveau dispositif et des conditions de participation des candidats, démontrant ainsi un détachement de la réalité quotidienne des citoyens européens.
Les représentants de R&D au Comité central du personnel de la Commission (responsable de la nomination de certains des jurys de concours) ont suivi la situation de près et ont réagi, dès 2022, avant que la crise EPSO éclate en 2023.
- Des candidats internes et externes nous ont contactés et ont exprimé leur grande frustration à l’égard de ce processus, subissant d’importants dysfonctionnements qui les ont empêchés de terminer leurs épreuves de façon satisfaisante.
Depuis avril 2023, R&D a demandé que la direction d’EPSO soit tenue responsable de l’énorme échec et du gaspillage d’énormes quantités de temps et d’argent pour les citoyens européens qui paient des impôts (y compris des centaines de collègues dans les institutions de l’UE), pour EPSO et pour toutes les autres personnes impliquées, y compris les dizaines de collègues qui ont travaillé massivement en tant que membres du jury.
- R&D a demandé, au nom des candidats, une révision de la décision de l’AIPN. EPSO devrait trouver un moyen légal de permettre aux lauréats de maintenir leurs résultats dans les concours futurs. EPSO a dû rouvrir certaines phases du concours en 2024 pour garantir l’équité.
Depuis 2022, R&D a demandé à plusieurs reprises, par l’intermédiaire de son représentant COPAR, de remédier aux faiblesses et aux éventuelles défaillances juridiques d’une politique linguistique unique et d’ouvrir les concours à un régime complet de 24 langues. EPSO a récemment annoncé un passage à un régime complet de 24 langues pour ses procédures de sélection afin de promouvoir le multilinguisme et d’assurer un traitement équitable dans tous les États membres.
- R&D a demandé que la DG RH rétablisse une certaine capacité de gouvernance des offices, y compris, en coopération avec les autres institutions, pour EPSO.
En raison de l’absence de nouvelles listes de lauréats, EPSO a également dû soutenir, avec du personnel détaché, la charge de travail accrue de la Commission dans les concours internes en 2023 et 2024.
- R&D a demandé qu’EPSO comprenne enfin ce que signifie « être pleinement responsable » et l’obligation de prendre en compte les « enseignements tirés ».
EPSO n’a pas adapté son processus de sélection à l’environnement changeant dans lequel les institutions opèrent depuis 2012. Le plan de développement d’EPSO, en réponse aux critiques de la période 2004-2008, n’a pas introduit suffisamment de flexibilité pour donner à EPSO les moyens d’adapter son processus de sélection aux exigences de l’environnement qui évolue rapidement auquel l’UE et ses institutions doivent désormais opérer. Le nombre considérable de plaintes a donné lieu à l’ouverture d’une enquête par le Médiateur européen. Le Médiateur a également constaté des cas de mauvaise administration dans le traitement par EPSO des plaintes concernant les tests de recrutement du personnel en 2024.
- R&D a demandé à EPSO de prouver qu’il est capable de respecter les contribuables européens, de garantir une mise en œuvre parfaite de tout contrat externe et d’attribuer les responsabilités à ceux qui doivent et méritent d’être responsables.
EPSO a en effet changé de contractant externe. Outre le lourd impact financier en termes d’argent public et l’atteinte à l’image de l’Union européenne, une énorme quantité de données privées a été envoyée aux États-Unis, où est basée la plateforme de test. Après avoir rencontré de graves difficultés techniques avec son contractant initial, EPSO a décidé de mettre fin à son contrat en février 2024. En réponse, il a commencé à chercher des solutions à court et à long terme pour garantir un processus de sélection adéquat.
- R&D estime que, bien que l’approche centralisée d’EPSO en matière de recrutement joue un rôle essentiel pour garantir que les institutions soient dotées de professionnels qualifiés qui contribuent au fonctionnement de l’UE et à la mise en œuvre de ses politiques, la manière dont EPSO a agi et géré la situation n’est pas acceptable.
Les institutions européennes devraient assumer la responsabilité politique de cette mauvaise gestion coûteuse, y compris les conséquences politiques pour les personnes responsables de ces décisions.
Le nouveau modèle de concours, qui vise à accélérer le processus et à produire des lauréats en 4 à 6 mois seulement, sans centre d’évaluation ni entretiens organisés par EPSO, nécessitera un renforcement et une supervision de la DG RH afin de garantir que les décisions de recrutement seront prises équitablement par les directions générales qui recrutent.
- R&D insiste sur la nécessité d’impliquer activement la représentation du personnel dans le nouveau modèle de concours et le processus de recrutement.
- R&D suivra de près le processus de sélection et de recrutement afin d’attirer les meilleurs candidats grâce à une sélection équitable.
En ce qui concerne la simplification de la procédure de certification, des propositions sont en cours pour introduire des mesures visant à réduire les coûts.
- R&D insiste sur le fait que le cadre réglementaire (article 45a du statut) doit être pleinement respecté et que tous les changements ont été apportés en pleine consultation avec les représentants du personnel.