Chers collègues,
Tout d’abord, nous souhaitons vous remercier de vos réactions très positives et constructives suite à la note de l’Alliance adressée au Commissaire Serafin concernant les mesures à adopter en réponse à la crise énergétique ( annexe).
Certains d’entre vous nous ont interrogés sur le fait que cette demande n’avait pas été présentée conjointement. Nous sommes heureux d’apporter une réponse ouverte à cette question.
En tant qu’Alliance — la plus grande association du personnel de la Commission européenne, composée d’organisations syndicales présentes dans tous les lieux d’affectation de la Commission et unies pour mieux défendre les intérêts du personnel — nous avons estimé nécessaire de présenter notre position séparément.
Nous considérons en effet que le dialogue social ne peut être réduit à une seule mesure, comme cela a été proposé dans la demande soumise par d’autres organisations syndicales. La complexité de la situation, ainsi que la diversité des réalités vécues par le personnel, justifient une approche globale et multidimensionnelle dans l’intérêt de tous les collègues.
Si nous soutenons pleinement la nécessité d’introduire des mesures sociales en faveur des collègues percevant les rémunérations les plus modestes, nous estimons également essentiel de demander davantage de flexibilité dans l’organisation du travail pour l’ensemble du personnel, comme beaucoup d’entre vous l’ont également demandé.
Cette dimension était absente de la demande de nos collègues. En tant que vos représentants, nous avons donc considéré qu’il était de notre responsabilité de la soulever clairement, dans un souci d’équité et de cohérence.
Nous avons néanmoins été satisfaits de constater que cette proposition est devenue un élément central des discussions menées de manière unie lors de la réunion de dialogue social.
Cela ne fait que renforcer notre conviction de la justification de notre demande.
Au fil des jours, la crise énergétique rend les déplacements plus coûteux, plus incertains et plus difficiles, en particulier les déplacements aériens. Cette situation a un impact direct sur le personnel, dont une grande partie est expatriée et se rend régulièrement dans son pays d’origine afin de retrouver sa famille et ses proches.
Les compagnies aériennes ont déjà annoncé l’annulation de milliers de vols et cette incertitude conduit de nombreux citoyens à travers l’Europe à revoir leurs projets de déplacement et à limiter leurs voyages.
Dans de telles circonstances, il serait déraisonnable — et socialement irresponsable — de continuer à imposer aux collègues des déplacements hebdomadaires tout en refusant d’introduire davantage de flexibilité dans l’organisation du travail.
Agir ainsi reviendrait à nier la gravité d’une crise qui n’est plus hypothétique, mais déjà bien réelle et produisant des conséquences visibles, alors même que les experts estiment que ses effets pourraient perdurer sur une période prolongée.
Cela serait également contradictoire avec les recommandations que la Commission elle-même adresse aux États membres en réponse à cette crise.
Sur cette base que, lors de la réunion de dialogue social à laquelle nous avons participé en votre nom, nous avons présenté et défendu les propositions figurant dans notre lettre adressée au Commissaire Serafin, propositions que beaucoup d’entre vous ont saluées et soutenues.
Nous avons notamment réitéré :
- · notre demande visant à introduire, à titre exceptionnel, une flexibilité supplémentaire pour le télétravail depuis l’étranger, en soulignant que, dans les circonstances actuelles, il est déraisonnable de continuer à imposer des déplacements aériens hebdomadaires aux collègues expatriés afin qu’ils rejoignent leur lieu d’affectation, y compris durant les périodes de fermeture des bâtiments ;
- · notre position selon laquelle, à l’instar du Parlement européen, la présence au bureau devrait être calculée sur une base mensuelle plutôt qu’hebdomadaire. Une telle mesure permettrait de réduire les déplacements des collègues navetteurs tout en maintenant le même équilibre global entre télétravail et présence au bureau — équilibre que l’administration elle-même continue de présenter comme une priorité.
Si nous avons apprécié l’atmosphère constructive de la réunion, nous devons également exprimer clairement notre insatisfaction face à la position excessivement prudente adoptée par la DG HR, laquelle résultait manifestement du mandat très limité qui lui avait été accordé.
Nous sommes naturellement conscients que la crise peut encore évoluer de manière difficilement prévisible. Toutefois, cela ne saurait servir de prétexte à l’inaction. Les conséquences de cette crise sont déjà présentes et affectent concrètement le personnel au quotidien.
Conclusion
Pour cette raison, nous appelons une nouvelle fois le Commissaire Serafin à élargir le mandat confié à nos collègues de la DG HR afin que, dans le cadre du dialogue social, un accord rapide puisse être trouvé sur des mesures portant notamment sur :
- · l’introduction de la flexibilité nécessaire, conformément aux recommandations de la Commission elle-même visant à limiter les déplacements professionnels, tant en ce qui concerne le télétravail en dehors du lieu d’affectation que la méthode de calcul de l’équilibre entre présence au bureau et télétravail ;
- · les ressources nécessaires à la mise en œuvre de mesures de soutien social ciblées en faveur des ménages les plus vulnérables.
Nous demeurons convaincus qu’il ne s’agit pas de revendications excessives, mais de mesures simples, pragmatiques et équitables, pleinement conformes à la réalité de la crise ainsi qu’aux attentes du personnel.
Le temps est venu de passer de la prudence à la responsabilité, et des déclarations générales aux décisions concrètes.
Cristiano SEBASTIANI – Raul TRUJILLO HERRERA
Alliance
